Mise en ligne le Samedi 25 Mai 2019
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Ligue 1 (38e journée): Caen / Bordeaux (0-1) Bordeaux se sort les tripes à Caen et finit en beauté, pas les Normands...

Finalement, parce qu'ils possèdent une fierté bien placée et ne voulaient pas fausser cette fin de championnat, les Girondins ont réagi sainement en Normandie. On dira même, au vu de ce match qui a probablement été, de leur part, le plus accompli et le plus solidaire à l'extérieur de toute la phase Retour, qu'ils se seront sorti les tripes, mais...à la mode locale, pour résister bec et ongles à la furia normande plus désordonnée que réellement maîtrisée d'ailleurs, sur cette rencontre de la dernière chance. Sousa attendait de ce dernier match qu'il lui révèle le degré d'implication de ses joueurs, il semble qu'il ait eu quelques réponses tangibles, enfin. Dans leur volonté louable de se porter vers l'avant et de ne pas mourir alors que Dijon, qui avait renversé la vapeur contre Toulouse (2-1) leur était passé devant, les Normands ont certainement manqué de lucidité, donc de précision dans le geste final, et en fin de compte, ce sont bien les Girondins qui auront hérité des occasions les plus nettes et les plus nombreuses de la partie, au premier rang desquelles ce face-à-face avec le gardien Samba lamentablement raté par Jimmy Briand à quelques secondes du coup de sifflet final de M.Turpin (90e + 5), qui aurait pu et dû donner à Bordeaux un succès plus confortable. Mais qu'importe, le travail était déjà fait, et Bordeaux tenait enfin sa 3e victoire à l'extérieur, la 10e seulement sur l'ensemble de l'exercice. En cadrant une demi-douzaine de frappes - ce qui ne leur était plus arrivé aussi bien en Gironde qu'hors de leurs bases depuis quelques lustres - et en remontant les ballons beaucoup plus vite qu'à l'accoutumée, avec un Plasil au four et au moulin pour son dernier match sous le maillot du FCGB et un Sankharé qui avait manifestement retrouvé son appétit de début de saison, les Girondins ont agréablement surpris et réalisé de belles combinaisons, comme ce une-deux entre Plasil et Briand qui fut à deux doigts d'aller à Dame sans la sortie décidée de Samba face au Tchèque (25e). La seule grosse occasion des locaux obtenue sur une phase n mouvement et non des coups de pied arrêtés arriva après une faute probable de Crivelli sur Pablo, sur un ballon donné en profondeur sur la gauche par Djiku, qui vit l'ex-girondin, dans un angle assez fermé, buter sur Gaétan Poussin, lequel fut impeccable sur ce match (38e). Le jeune portier bordelais s'était déjà distingué en repoussant proprement des deux poings un centre empoisonné de Fajr (8e) et en seconde période, il n'hésita pas à sortir au courage malgré un pied en avant de Ninga, qui ne le toucha pas, heureusement, mais qui aurait mérité le carton rouge (79e), en tout cas davantage que le jaune pourtant identique mais bien sévère, dont avait hérité Otavio une minute plus tôt pour une peccadille sur ce même Ninga. Défensivement aussi, les Girondins ne laissèrent que les miettes à des Normands qui collectionnèrent les corners, mais ne purent jamais en profiter, les Marine et Blancs semblant avoir progressé sensiblement sur ces phases de jeu. La sortie sur blessure de Pablo (cheville ?) juste avant la pause ne déséquilibra pas une défense bien organisée autour de Koundé et Jovanovic, auteurs d'un match à zéro faute où presque, et le revenant Igor Lewczuk, qui n'avait plus joué depuis plusieurs mois, se mit tout de suite au diapason. Ce n'est donc que justice si Bordeaux, qui avait majoritairement le ballon mais en faisait pour une fois un usage efficace, menait au score à la pause grâce à ce débordement de Sergi Palencia (la permutation constante des deux latéraux Palencia et Sabaly au cours du match sembla totalement désorienter les Normands) en position d'arrière droit à cet instant-là, dont la louche de l'extérieur du pied avait trouvé un Sankharé totalement démarqué au second poteau à l'angle des 5,5 mètres, dont la tête décroisée laissa Samba pétrifié (0-1, 19e). Le premier but de la saison pour le Sénégalais cette année en Ligue 1, même s'il avait également inscrit un but superbe, mais inutile, contre Copenhague en Europa League (1-2) le 4 octobre. Celui-ci en revanche, allait offrir à Bordeaux sa première victoire à l'extérieur sous l'ère Paulo Sousa, et la 5e seulement de la phase Retour, après les succès à Angers, puis à Bordeaux contre Dijon, Toulouse et l'OM. Avec 41 points au compteur et une 14e place qu'ils ne pouvaient de toute façon pas améliorer, le 13e étant loin devant eux, les Girondins sauvent les apparences et brisent une spirale funeste dont un septième épisode aurait sûrement eu des répercussions désastreuses sur le début du prochain exercice. Cela n'enlève rien à la médiocrité globale de cette saison agitée à tous les niveaux et qui fera date, mais au moins les Girondins réussissent-ils leur sortie. Caen et son nouveau président, Gilles Sergent, élu il y a tout juste un an après le départ de l'emblématique Jean-François Fortin (19 années passées au club), se retrouvent en Ligue 2, une sanction que les Malherbistes avaient évitée de justesse depuis deux ans en terminant 16es, puis 17es l'an dernier, en se sauvant à chaque fois à la dernière journée contre un PSG complaisant car déjà en vacances. Mais à force de jouer avec le feu...Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct du stade Michel D'Ornano à Caen, écoutez les réactions de Gaétan POUSSIN, le gardien de but du FCGB, qui a signé un clean-sheet impeccable en Normandie, et Gilles SERGENT, le président du SM Caen. D'autres réactions bordelaises et caennaises à écouter ce lundi 27 mai 2019 dans Sports Magazine à partir de 18h30.