Mise en ligne le Dimanche 12 Mai 2019
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Ligue 1 (36e journée) : LILLE / BORDEAUX (1-0) : Ils n'ont toujours pas retrouvé le Nord...

Dites 5 et 23 si vous aimez les chiffres, et vous obtiendrez le résumé de ce triste après-midi nordiste pour les Bordelais, battus chez un adversaire où ils n'ont gagné qu'une fois en sept ans, et dont la chute libre finit par étourdir tant elle semble interminable. 5 pour le nombre de défaites consécutives (la pire série depuis...1970-71), en passe d'égaler (mais dans l'autre sens) les 6 victoires d'affilée de la saison dernière à la même période. 23, pour le nombre de buts encaissés sur coups de pied arrêtés, même si celui qui scella le sort de ce match plutôt fermé et terne fut assez original en l'espèce, presque inédit même, dans la panoplie de ceux qui firent tant de fois plier Bordeaux jusqu'ici. Mais il fallait bien un peu d'originalité sur l'unique but de cette rencontre, puisqu'elle n'en eut guère par sa physionomie générale. Si les Girondins ont proposé certes une opposition un peu plus cohérente et paru davantage impliqués que lors de leur non-match contre Angers huit jours plus tôt, on n'en a pas moins constaté les mêmes stats en trompe-l'oeil, qui ne suffisent même plus à convaincre les adeptes de la méthode Coué. Une possession de balle majoritaire, un nombre incalculable de passes, mais le plus souvent latérales, et aucune verticalité dans le jeu pour une attaque minée par son anémie habituelle, pour au final un seul tir cadré sur la seule occasion digne de ce nom, l'absence de l'ancien lillois De Préville ajoutant à cette impression d'inexistance offensive. Bien trop peu, en tout cas, pour espérer surprendre un LOSC pourtant très loin de ses deux précédentes sorties fulgurantes contre le PSG (5-1) puis Nîmes (5-0) et qui joua petits bras tout au long de l'après-midi, mais sans jamais trembler ni être poussé dans ses derniers retranchements, l'important étant de gérer ces 3 points glanés chichement qui suffisent à le propulser en Ligue des Champions, un an presque jour pour jour après avoir frôlé la descente en L2. Sousa avait une nouvelle fois joué la carte Jeunes en titularisant le jeune Adli au milieu aux côtés de Plasil l'ancien, ainsi que Youssouf qui eut une nouvelle fois beaucoup de mal à exister sur cette rencontre. Mais Bordeaux ne fut le plus souvent que spectateur dans le premier acte, quand Lille, visiblement paralysé par l'enjeu, eut du mal à trouver son rythme. De fait, la première chaude alerte n'arriva qu'à la 20e minute quand Costil s'interposa avec autorité sur une double tentative de Rémy, puis Bamba. La seconde allait être fatale pour les Girondins sur ce coup-franc à 25 mètres inutilement concédé par Plasil qu'Ikoné piquait génialement au dessus du mur girondin. Le second rideau étant à la traîne, notamment Otavio trop long à intervenir, Rémy dos au but reprenait l'offrande d'une volée en pivot imparable du pied droit, au ras du poteau de Costil (1-0, 27e). A la pause, le court avantage des Dogues pouvait sembler un peu flatteur mais il traduisait la différence entre une équipe capable de rentabiliser ses rares incursions par une efficacité implacable (mais connue de longue date), et une autre s'appropriant le ballon en pure perte, en raison de son imprécision dans la dernière passe, ou même souvent dans l'avant-dernière. L'occasion girondine de la rencontre - car voilà dejà plusieurs semaines qu'il faut malheureusement parler au singulier quand on évoque le secteur offensif des Girondins - survenait à la 58e quand Yacine Adli, l'un des visiteurs les plus actifs à défaut d'être le plus précis, trouvait Briand dans la profondeur mais l'ex-guingampais frappait trop mollement sur Maignan qui sauvait du pied. Si Lille avait du mal à s'appocher du but de Costil, les cartons jaunes pleuvaient, pas toujours avec discernement, on pense notamment à celui reçu par Otavio pour un contact largement amplifié par Pépé (76e). Mais le pire arrivait 10 minutes après lorsque, après un contrôle manqué, Pablo, jusqu'alors impeccable, reprenait à la course le même Pépé - qui sait manifestement tomber aussi bien que marquer - avant de réaliser un tacle de défenseur impeccable, avec la jambe droite au ras de la pelouse et l'autre loin du joueur lillois, et de sortir le ballon des pieds du buteur lillois, les images ne laissant planer aucun doute à ce sujet (photo). Une action trop limpide pour être régulière aux yeux de M.Lesage qui ne prit même pas la peine de recourir au VAR (pourquoi ? Faut-il rappeler que c'est Franck Schneider qui officiait à la vidéo sur ce match ?...) et infligea au défenseur brésilien des Girondins un carton rouge (87e) à peine moins effarant que celui qu'il avait reçu contre Marseille après le coup de coude de Balotelli resté impuni à ce jour, à l'image des décisions qui auront plombé cette équipe durant toute la phase Retour, depuis le mois de janvier. Une phase Retour au classement de laquelle les Girondins pointent en 19e position, seul Guingamp, relégué officiellement en L2 depuis ce week-end malgré son nul courageux à Rennes (1-1), a fait pire. 19es aussi pour ce qui est du pécule récolté hors de leurs bases cette année (11 points), avec un bilan offensif (9 buts marqués) qui reste le plus famélique de la Ligue 1. Jamais depuis une éternité une fin de saison n'aura semblé aussi longue, insipide et inquiétante, même si les expériences de laboratoire continuent pour Paulo Sousa, à la recherche de la bonne formule et peut-être du Temps Perdu. Reste à espérer que la potion magique, s'il la trouve, ne se transforme pas en nitroglycérine avant la date prévue...Au micro de Bastien Ducrocq qui commentait cette rencontre en direct du stade Pierre Mauroy à Lille, écoutez les réactions des deux entraîneurs Christophe GALTIER (LOSC) puis Paulo SOUSA (FCGB). D'autres réactions à écouter ce lundi 13 mai dans nos journaux de 7h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.