Girondins de Bordeaux

Football, Ligue 1 (17e journée) : Marseille / Bordeaux (3-1) : Le fol espoir, puis l'effondrement

09 décembre 2019 à 02h06
Crédit photo : ARL Christophe Monzie

Pas de miracle pour les Girondins : comme à Lille, une succession d'erreurs individuelles a précipité leur chute, alors qu'ils menaient à la pause. Frustrant. Une fois de plus, le Vélodrome reste maudit pour eux, et ceci depuis 11 ans.

Même si leur défaite faisait partie, avouons-le, des hypothèses probables, l'OM etant bel et bien le favori de ce choc, la déception des Marine et Blanc restera sans doute à la hauteur de leur espérance. Mais force est de constater que malgré les honneurs des télévisions et du prime-time du dimanche, ils n'auront pas tenu la distance ni été complètement à la hauteur de l'évènement, plombés par une seconde mi-temps calamiteuse où ils auront perdu le fil d'un match qu'ils avaient jusqu'alors parfaitement géré, menant au score à la pause sans qu'on puisse crier au scandale tant leur vigilance et leur solidarite avaient été irréprochables. Un premier acte prometteur, pourtant, où Bordeaux avait su contrer un OM pas aussi pressant qu'on aurait pu s'y attendre (peut-être parce qu'il s'est retrouvé privé de son meilleur buteur Benedetto en dernière minute), avec à la clé un but splendide de Yacine Adli d'une frappe très pure de 25 mètres tutoyant l'intérieur du poteau droit de Mandanda, après un ballon bien remonté par De Préville et calé par Maja (0-1, 30e). Déjà, par le jeune anglais, les Girondins avaient cadré la première frappe du match, dans un angle réduit et en bout de course (13e) quand l'OM, boulimique de tirs au but (24 sur l'ensemble du match dont 9 sur la première demi-heure), s'était heurté au mur girondin sur des tentatives parfois précipitées : deux fois Payet avait littéralement assommé Koscielny, puis Pablo (tous deux sonnés par un ballon reçu en pleine face ou sur la tempe), quand Rongier n'avait pas été plus heureux sur sa volée du droit (21e), trouvant Otavio puis Benito sur la trajectoire, fruit d'une occasion offerte aux Olympiens par une glissade de Jovanovic. Si l'OM, comme prévu, dominait certes en termes de possession de balle et de corners, il avait quand même fallu attendre la 39e minute pour assister à sa première frappe cadrée - et au premier arrêt délicat de Costil - sur une combinaison à trois entre Sarr, Germain et Payet pour un tir en bout de course et quelque peu écrasé du meneur de jeu phocéen. Calmes et jouant juste sans prendre de risques inutiles, malgré quelques pertes de balles qui auraient pu coûter cher, les Marine et Blanc étaient parvenus à faire tomber les Marseillais dans leur propre jeu, celui d'un faux rythme qui leur convenait finalement très bien mais qui commençait à impatienter les 51 000 spectateurs du Vélodrome. Le premier acte s'achevait sur ce carton ubuesque infligé à Adli par M.Lesage alors que le jeune bordelais rentrait au vestiaire, pour une action initiée une minute plus tôt où le référé avait laissé l'avantage à l'OM. Un carton sans doute moins justifié que celui que Caleta-Car aurait dû prendre dès la 12e minute pour une vilaine faute sur De Préville, ou Sanson en seconde période pour un tirage de maillot sur Sabaly (64e), faute assez similaire à celle du jeune algérien.

Noël avant l'heure : Bordeaux se saborde en 13 minutes

Que diable s'est-il donc passé dans les têtes girondines pendant ce quart d'heure ? Auguste, le Chat noir de Delaune à Reims, a-t-il donné un coup de téléphone à son cousin marseillais pour lui dire d'aller faire un tour dans les travées du Vélodrome afin d'en remettre une couche ? Nul ne saura jamais. La réaction d'orgueil marseillaise était en tout cas à prévoir, et le quart d'heure de la reprise, capital, aurait dû inciter les Girondins à se montrer plus prudents et rigoureux encore qu'au cours du premier acte et à ne tenter aucun numéro de cirque, car c'est bien là qu'allait se jouer la rencontre. Las...A peine les débats avaient-ils repris que les vieux démons allaient resurgir, inexplicablement, même si Sousa évoque un "manque de stabilité emotionnelle". Une passe en retrait de Pablo à Costil pas vraiment utile, doublée d'une incompréhension entre les deux hommes. De ce corner côté droit tiré par Payet qui n'aurait jamais dû exister allait surgir le malheur des Bordelais et le début de leur chute. Totalement seul au second poteau devant Jovanovic et Benito les pieds scotchés au gazon, Amavi assénait son coup de casque sans opposition (1-1, 47e). L'espoir changeait de camp et Bordeaux avait brusquement le ballon qui lui brûlait les pieds, à mesure que l'OM venait de monter d'un cran dans son pressing. Le cas de figure que les Girondins n'aiment pas et ne savent pas gérer, pour l'instant, qui annonçait une seconde période bien longue à vivre. La période des cadeaux avant l'heure se poursuivait 13 minutes plus tard dans des conditions encore plus effarantes et un scenario qui fera, on le craint, le tour de la toile dans le bêtisier de la Ligue 1. Sans doute trop puriste et fidèle à ses principes de jeu, dont l'application ne s'imposait sans doute pas à cet instant du match compte tenu du danger devenu permanent et du positionnement des Marseillais, Bordeaux relançait le jeu au sol, depuis sa surface de but : Costil trouvait Tchouameni devant lui un peu trop entouré, qui lui remettait en retrait, avant que le portier bordelais ne glisse le ballon à Otavio sur sa gauche, presque sur la ligne de but. Pas un cadeau pour le Brésilien qui, au lieu de mettre en touche, relançait directement sur Sanson à 20 mètres, lequel n'avait plus qu'à effacer Tchouameni avant d'ajuster un missile dans la lucarne qui ressemblait comme un frère, dans sa conclusion comme dans sa "genèse", au premier but concédé à Lille le 28 octobre des pieds de Benjamin André...(2-1, 60e). "Mourir pour des idées, certes... mais de mort lente", conseillait Brassens dans une de ses célèbres chansons. Il faudra s'en rappeler dans ce genre de matches. Le Père Noël venait de passer pour les Olympiens, le père Fouettard pour les Bordelais...Dès lors, et malgré les entrées en jeu de Kamano à la place d'un Benito souvent à la peine devant Sarr ou Sakaï, puis des deux attaquants Hwang et Briand qui virent Bordeaux terminer à quatre joueurs offensifs (Maja et De Préville ayant joué tout le match), les Girondins ne réussirent jamais plus à exister aux avant-postes ni tenir le moindre ballon. L'OM était plus près d'un troisième but que les Girondins d'une égalisation qui eût été miraculeuse, Mandanda n'ayant en tout et pour tout qu'un seul ballon à toucher de tout le second acte, sur un centre de la gauche en bout de course de De Préville (88e). Rongier, sur une combinaison déjà tentée en première mi-temps sans succès, réussissait sa volée sur un corner de Payet mais Costil repoussait comme il pouvait (66e), avant que Sanson, le meilleur marseillais avec Payet, ne rate de peu le cadre en croisant trop sa frappe (73e) puis que Payet ne manque son lob de 50 mètres, le ballon retombant sur le petit filet de Costil, légèrement avancé mais vigilant sur le coup (80e). Radonjic, entré en jeu à la place de Germain, échouait sur Costil (85e). Mais le 3e but, presque anecdotique tant ce second acte avait été à sens unique, survenait dans le temps additionnel par le Serbe de l'OM, sur une action partie de Rongier à 40 mètres du but girondin et certainement entachée au départ d'une faute non sifflée sur Pablo, écarté illicitement du bras par l'ex-Nantais qui servait Radonjic totalement seul sur le flanc gauche. La frappe enroulée était détournée par Costil...sur le pauvre Tchouameni qui, malgré un bel effort, ne pouvait éviter de marquer contre son camp (3-1, 92e). Souverain jusqu'ici face aux équipes classées derrière lui (24 points pris sur 27 possibles), Bordeaux faisait une nouvelle fois chou blanc et affichait ses réelles limites face à un ténor du championnat, qui alignait donc sa 6e victoire consécutive. Avec cependant la très nette impression d'avoir joué les Père Noël et donné à cet OM certes débordant d'énergie mais pas irrésistible et qui n'en demandait pas tant, tous les moyens de s'imposer. Le match à Rennes le 21 décembre, face à un autre outsider avec qui il lutte, dira vraiment si Bordeaux peut caresser des rêves d'Europe cette saison. Ecoutez les réactions d'André VILLAS-BOAS, l'entraîneur de l'Olympique de Marseille, Aurélien TCHOUAMENI, le milieu de terrain du FCGB, Valère GERMAIN l'attaquant de l'OM, Yacine ADLI, le milieu de terrain du FCGB, Jordan AMAVI, le défenseur latéral gauche (buteur à la 47e pour l'égalisation), Paulo SOUSA, l'entraineur du FC Girondins de Bordeaux, Valentin RONGIER le milieu de terrain de l'OM, Benoit COSTIL, le gardien de but et capitaine du FCGB, et Morgan SANSON, le milieu de terrain de l'OM (buteur à la 60e minute) au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral de l'Orange Vélodrome à Marseille.

Réaction d'André VILLAS-BOAS

Réaction d'Aurélien TCHOUAMENI

Réaction de Valère GERMAIN

Réaction de Yacine ADLI

Réaction de Jordan AMAVI

Réaction de Paulo SOUSA

Réaction de Valentin RONGIER

Réaction de Benoît COSTIL

Réaction de Morgan SANSON

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