Actualités régionales

Culture : « Je pense que tous ceux qui décident, qui font ces grandes annonces n'y connaissent strictement rien au monde du spectacle » le cri du cœur du producteur Michel Goudard, toujours dans le flou

13 août 2020 à 18h00 Par Jérôme Martin-Castéra
Crédit photo : Pixabay

Le bout du tunnel semble encore loin.

Début mars sur ARL, Michel Goudard évoque « un tsunami qui s'abat sur la profession ». Le confinement n'a pas commencé à ce moment là. Les spectacles eux s'annulent par dizaine. Un confinement plus tard, rien n'a évolué.

« La profession n'existe aujourd'hui plus »

En quatre décennies de profession Michel Goudard n'a jamais vécu une telle situation. Le fondateur de Box Office, d'Euterpe Promotion et d'Alhambra Production, sociétés de spectacles oeuvrant dans le Sud-Ouest est à l'arrêt. « On a zéro activité, zéro spectacle, zéro recette, zéro prévision » explique t-il désabusé.

La colère monte

Pour ne pas arranger les choses, Jean Castex a annoncé en début de semaine le prolongement de l'interdiction des rassemblements de 5000 personnes jusqu'au 30 octobre (sauf avis favorables des préfectures avec « vérification du strict respect des consignes sanitaires » 72 heures avant). « Tout ça c'est pour amuser la galerie » clame Michel Goudard soulignant que le problème vient aussi d'ailleurs : « de toute façon les spectacles de moins 5000 personnes ne peuvent avoir lieu non plus parce qu'il il y a un tout un tas de réglementations à appliquer ». Selon lui la distanciation ou la règle des fauteuils vides ne peuvent en aucun cas s'appliquer. « Et puis comment peut t-on maintenir une tournée quand on ne sait pas si on pourra jouer tous les jours  ? » interroge t-il. Impossible effectivement d'imaginer des tournées « saucissonnées » dans les mois à venir. « C'est 200 000€ qui peuvent être perdus en une journée » insiste le producteur néo-aquitain. « Aujourd'hui la profession n'existe plus » soupire t-il.

« Ils n'y comprennent rien »

Pour l'heure, la plupart des spectacles de Michel Goudard restent ouverts à la location et programmés. Mais jusqu'à quand ? Avec combien de perte ? Dans quelles conditions ça se passera ? Difficile de le savoir à quelques semaines à peine de la rentrée culturelle et de la découverte du programme du prochain festival des Fous Rires de Bordeaux, déjà annulé cette année.  « On ne peut pas se projeter, confie Goudard, on ne fait que tricoter, retricoter et la colère monte dans la profession ».

De l'amateurisme inquiétant au sommet de l'Etat 

michel goudard.jfif (104 KB)
Colère et inquiétude pour Michel Goudard (photo: JMC)

De la colère, l'homme de la spectacles en a. Il ne la voile d'ailleurs pas. « Je pense que tous ceux qui décident, qui font ces grandes annonces n'y connaissent strictement rien au monde du spectacle, dans son exploitation par des sociétés privées. Ils n'ont aucune conscience des risques financiers que les porteurs de projet doivent prendre. Cela va au-delà du mépris » lance du fin fond de son cœur Michel Goudard, prêt à aller expliquer au Premier ministre, « comment ça se passe dans le monde du spectacle ».

Prêt à parler au Premier ministre

« On est au plus haut sommet de l'état... c'est quand même très inquiétant . On a l'impression qu'il y a un amateurisme total, or la profession d'organisation de spectacles c'est tout sauf de l'amateurisme »

Impossible de projeter 

Soulignons que le monde du spectacle est un domaine d'activité qui pèse énormément et notamment en terme d'emplois. « Il représente autant de salariés en France que l'industrie automobile » rappelle le limougeaud insistant sur le fait qu'un spectacle en ville a des répercussions économiques pour les activités autour des salles et théâtres.

Août 2020, le tsunami continue d’assommer tout un secteur quasi à l'arrêt.

Un secteur qui pèse