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Australie, Canada, Polynésie... elles sont girondines et font face au coronavirus à l'étranger

30 mars 2020 à 18h34 Par Jérôme Martin-Castéra
Crédit photo : M.D, A.L., L.H.

Les girondines Laetitia, Alizé et Mélodie témoignent de leur quotidien en plein coronavirus.

Mélodie, Alizé et Lætitia sont à des milliers de kilomètres de la Métropole et elles y sont bien. Le coronavirus lui ne connaît pas les frontières et se propage partout sur Terre. Nos trois girondines doivent faire face à la menace du Covid-19. Elles racontent.

Alizé (Canada – Montréal)

Âgée de 25 ans, Alizé a quitté Bordeaux en septembre 2019 afin de rejoindre le Québec et sa plus grande ville, Montréal pour un poste de responsable marketing pour une marque française. Compte tenu de la situation, sa journée de boulot se passe en télétravail. Québec, Ontario, Alberta, Manitoba... les 10 provinces du pays sont presque toutes touchées par le Covid-19 avec plus de 5600 cas et plus de 60 décès. Sophie Grégoire Trudeau, la femme du Premier Ministre Justin Trudeau, a elle même contracté le virus (elle vient d'annoncer sa guérison). « Au vu de la situation en Europe, les premiers ministres de chaque région ont pris des mesures assez strictes assez rapidement » commente Alizé. Ainsi, comme en France, les commerces non essentiels sont fermés au même titre que les écoles, universités, salles et autres jusqu'en mai minimum. Le pays à la feuille d'érable a également sa frontière avec les États-Unis infranchissable. « Les autorités demandent à tout le monde de rester chez soi » insiste la girondine, qui, continue de garder des liens étroits avec ses proches. « On s'écrit beaucoup plus avec ma famille en France. Je leur dit de ne surtout pas sortir » nous raconte t-elle. Ne cherchant pas à rentrer en Aquitaine, « pour des questions de sécurité et de santé », Alizé reconnaît que la période « est un peu compliquée à vivre à l'étranger ». Elle peut ceci-dit s'appuyer sur le « soutien moral » de ses colocatrices.

La situation au Canada et au Québec

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Garder un contact avec la famille en France

Lætitia (Gayndah - Australie) 

Un an et demi après avoir évacué Talence et son sud-ouest de cœur, Laetitia garde son sourire. En Australie, avec comme projet professionnel de travailler dans les spas, la jeune girondine s'épanouit pour l'heure de fermes en fermes. Elle est ce que l'on appelle un "backpacker". Comme elle, nombreux sont les étrangers à avoir choisi le pays des kangourous pour vivre cette expérience. Mais, coronavirus oblige, les lieux ont dû baisser rideaux et le travail manque donc. Beaucoup de "backpackers" cherchent alors à quitter le pays mais se retrouvent bloqués aux aéroports des grandes villes puisque la plupart des vols sont annulés. Les rares départs possibles coûtent, eux, une fortune. Car oui, le virus, n'épargne pas l'Australie, malgré ses fortes chaleurs. La grande île, ravagée il y a quelques semaines par d’innombrables flammes, doit, cette fois-ci faire face à une crise sanitaire avec plus de 4200 cas et 17 décès. Comme en France, les lieux non essentiels sont donc fermés et les frontières bouclées. Impossible également de passer d'un état à l'autre, les frontières des six états sont plus que restreintes. C'est à Gayndah, petite ville du Queensland que Lætitia est installée. A plus de 360 kilomètres de Brisbane, la native de Charente nous explique que si aucun confinement n'est pour l'heure en place en Australie, elle et les différents "backpackers" installés à Gayndah (une centaine) ont décidé de « filtrer le passage pour éviter les contaminations ». Une sorte d'auto-confinement dans ce presque village où les fermes sont dominantes. « Il commence à y avoir des cas de coronavirus » informe l'ancienne élève du lycée Victor Louis à Talence tombée amoureuse de ce pays. Malade (une bronchite, on vous rassure), elle a cependant décidé « de ne pas se laisser abattre » et nous confie ne pas avoir du tout pensé à rentrer en France. « Je n'aurais pas supporté d'être enfermée » développe celle qui vit parfois en camping, parfois en toile de tente ou parfois dans une voiture. Le contact avec sa famille, elle le garde : « on s'appelle tous les jours. Surtout que ma mère est dans le milieu de la santé... ». Coup de chance, et contrairement à d'autres jeunes venus en Australie avec un Working Holiday Visa, Lætitia continue d'avoir un job. La saison des mandarines approchant, elle va pouvoir avoir sa place dans un chai.

La situation en Australie

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Des cas de coronavirus dans son village

Hors de question de rentrer en France

Mélodie (Moorea – Polynésie Française)

Souvenez-vous. On avait quitté Mélodie après sa fin d'aventure dans The Voice il y a quelques semaines. La bordelaise, installée depuis plusieurs années à Moorea en Polynésie Française « essaye de ne pas psychoter » face à la situation. Aux dernières nouvelles, la collectivité d'outre-mer compte 34 cas mais aucun décès. Les plus de 283 000 habitant.e.s du territoire viennent d'être placé.e.s sous couvre feu. La vente d'alcool est également interdite. Hormis cela, « la situation est à peu près la même qu'en France Métropolitaine » raconte Mélodie qui jusque-là, accueillait des clients dans un faré, une habitation polynésienne traditionnelle. Une activité bien évidemment à l'arrêt. Durant son confinement la jeune femme de 28 ans confie qu'elle travaille sur des compositions tout en gardant un oeil attendri sur son enfant. Elle s'occupe également de son potager tout en pensant à son « autonomie alimentaire ». Il faut dire que les liaisons avec Taïti, l'île voisine, sont très réduites et l'artiste « anticipe un possible manque ». Malgré cette drôle de période, Mélodie compte bien continuer de positiver. « C'est l'occasion d'ouvrir les yeux sur le monde actuel, de se poser les bonnes questions » philosophe celle qui a décidé d'arrêter de fumer cette semaine. « Vaut mieux être en bonne santé si on l'attrape j'ai l'impression » souffle la native de Bordeaux.

La situation en Polynésie Française

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Son confinement à elle

Positiver et se poser des questions même en cette période