Mise en ligne le Vendredi 09 Novembre 2018
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BORDEAUX / ZENIT ST PETERSBOURG (1-1) : Cette fois, c'est bel et bien terminé...

Toujours les mêmes causes, toujours les mêmes effets, et toujours la même impression de frustration. Dans une poule finalement plus serrée qu'il n'y paraissait où les équipes, hormis le Zenit officiellement qualifié pour les 16es après ce point pris à Bordeaux, avancent à un train de sénateur à tel point que 7 unités au compteur pourraient suffire pour y décrocher la seconde place qualificative, les Girondins pourront ruminer longtemps leur déception d'avoir raté le coche, plusieurs fois, même s'ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Car force est de constater qu'aucune des formations rencontrées n'a semblé irrésistible, et surtout pas ce Zenit décimé par les absences pour sa venue en Gironde où son intention était clairement de prendre un point. Oui, mais voilà, encore une fois les Girondins se sont tiré une balle dans le pied en concédant l'égalisation avec une naïveté consternante, en trouvant le moyen de se retrouver à six défenseurs contre 2 attaquants russes sur l'action...Comment espérer tenir tête au leader d'un championnat européen, quel qu'il soit, si l'on plie comme un roseau sur une action aussi basique ? La réalité mathématique, avancée par les éternels optimistes qui prennent des vessies pour des lanternes, laisse certes apparaître qu'en gagnant ses 2 derniers matches, et surtout à la condition - encore plus improbable - que le Zenit, déjà qualifié, remporte les deux siens dont le dernier à Prague qui comptera sûrement pour du beurre pour lui...mais pas pour Prague, Bordeaux pourrait réussir le tour de force de se qualifier avec ce total de misère. On se console comme on peut, et on se dit que si ma tante en avait...Car il y a l'autre réalité, celle du terrain, beaucoup plus cruelle, qui révèle que Bordeaux n'a pris - aux forceps - qu'un point en 4 rencontres, marqué 3 buts dont un penalty, qu'il continue d'être en proie à des problèmes d'efficacité identiques à ceux du championnat (pourquoi en serait-il autrement ?), et qu'il est incapable de conserver un résultat, puisque, comme au match aller au Zenit Arena, il a mené au score. Tout simplement parce qu'il évolue trop souvent sur courant alternatif, ne parvient pas à maintenir son effort sur un match complet, et que ses baisses de régime sont rapidement mises à profit par ses adversaires, lesquels n'ont pas besoin d'avoir pléthore d'occasions de but pour le faire plier. Ce fut particulièrement vrai contre Copenhague, qui se créa 3 occasions pour deux buts, et lors des deux matches face aux Russes, qui n'en eurent pas davantage que les Danois. Il leur aura suffi, une fois menés au score, de remonter le bloc en seconde période et d'apporter un peu plus de soutien offensif à leur deux attaquants Driussi et Zabolotny pour trouver la faille face à des Girondins dont le jeu s'effilochait dangereusement depuis déjà de longues minutes, la dernière occasion girondine digne de ce nom étant à porter au crédit de Kalu, dont la frappe enroulée du gauche après avoir embarqué Nabiullin, avait frôlé le montant droit de Lunev (51e). Depuis lors, les Girondins, privés de Cornelius sorti à la pause après une petite alerte musculaire, ne faisaient plus rien de fameux ni de précis aux avant-postes, à l'image de frappes de Briand ou de Sabaly dans les nuages, ou de trop nombreux centres balancés sans discernement qui ne trouvaient invariablement qu'un pied ou une tête russes, ravis de l'aubaine. Sur un cadeau bordelais, Driussi, en se précipitant un peu trop, avait une première fois manqué la mire en excellente position (68e); mais 3 minutes plus tard, la punition tombait, quand Kuzyaïev, fraîchement entré en jeu, enrhumait Pablo d'un petit pont sur le côté gauche avant de centrer en retrait sur Zabolotny, totalement seul au premier poteau aux 6 mètres, qui exécutait Costil sans grande opposition, comme à l'entraînement (1-1, 71e). Tout sauf une surprise, tant Bordeaux avait reculé depuis la reprise, et ne parvenait plus à tenir le ballon ni à mettre du rythme, encore moins à afficher le supplément d'âme qu'il aurait fallu pour arracher la décision, alors qu'il restait 20 bonnes minutes à jouer et qu'un seul but aurait suffi à son bonheur et ses espérances légitimes. Mais le maigre public du Matmut (8 907 spectateurs, plus faible total de la saison, et de loin...) n'eut jamais l'impression que les Girondins disputaient là le match de la dernière chance, celui où il faut tout donner sans retenue, avec un mental de guerrier. Plus que face à Copenhague, où les risques inconsidéres pris en fin de match après l'égalisation lui avaient cruellement enseigné "qu'un tien vaut mieux que deux tu l'auras", c'est plutôt sur ce match que Bordeaux aurait dû lâcher les chevaux....s'il l'avait pu. Car un nul ou une défaite, cette fois-ci, ne changeaient plus grand'chose à l'affaire, au point où il en est. Mais il y a longtemps qu'il n'y avait plus d'essence dans le réservoir girondin. D'autant plus dommage que la première période, elle, avait été d'un tout autre acabit, avec des Girondins campant dans la moitié de terrain russe (où les espaces étaient certes restreints avec la défense à cinq alignée par Semak), et entreprenants, à défaut de se montrer précis ou...chanceux. Kalu, d'un bel enchaînement contrôle-volée du droit (4e), puis sur une frappe trop écrasée (8e) trouva d'abord Lunev sur sa route, avant que Sankharé (en photo), en bonne position, ne frappe à côté (13e), imité par Cornelius, dont la tête décroisée sur un centre de Poundjé, passa au-dessus du cadre (24e). Mais c'est la chance qui, comme face à Copenhague (2 fois), tourna le dos aux Girondins quand une mine de Kamano percuta le montant droit de Lunev, battu cette fois-ci, avant de revenir sur le Guinéen qui, en position difficile, ne put cadrer sa reprise instantanée du gauche (31e).Et ce n'est que justice si, au terme d'une belle action collective où Sankharé lança Sabaly en profondeur sur la droite, fauché par Mammana, les Girondins héritèrent d'un penalty, peut-être un peu généreux, mais que cette fois-ci, Kamano eut le bon goût de transformer d'un contrepied d'école (1-0, 35e). Le problème est qu'ensuite, Bordeaux cessa de jouer (pourquoi ?) et commença à reculer, les Russes, jusqu'alors très timides, ne tardant pas à comprendre le parti qu'ils pourraient tirer de la situation, avec un centre d'Anyukov dévié au départ que Zabolotny, déjà, fut à deux doigts de reprendre au premier poteau, Costil bouchant l'angle avec autorité (44e). On connaît la suite, avec une seconde période insipide et brouillonne, et une sanction inéluctable, favorisée par une trop grande naïveté. Dommage cependant que Kamano ait écopé du plus ubuesque des cartons jaunes pour une prétendue simulation alors que le référé autrichien M.Lechner avait pourtant autorisé les soigneurs à pénétrer sur la pelouse et que l'obstruction de Mevlja sur le Guinéen en pleine surface (63e) était au moins aussi répréhensible que la faute de Mammana sur Sabaly en première période...Tout ce marathon européen (10 matches depuis Ventspils fin juillet, et encore 2 à jouer pour du beurre) pour si peu au final, un point en 4 matches, et une victoire en Europa League qui fuit les Girondins en phase de poule depuis octobre 2013...Pour le premier match de l'ère GACP, on aurait espéré que les Girondins prolongent l'espoir au moins jusqu'à la fin de ce mois, pour la réception du Slavia. Et surtout qu'ils sauvent l'honneur d'un football français de nouveau en perdition cette semaine, avec aucune victoire en 6 matches, Lyon rejoint chez lui par une équipe d'Offenheim en infériorité numérique, et les éliminations officielles de Monaco, Marseille (2-1 à la Lazio) et quasi-certaine de Rennes, battu à Kiev (3-1). Avec un tel tableau d'honneur, qui prolonge celui, déjà calamiteux, de la journée précédente, le coefficient UEFA des clubs français n'est pas près de monter...au Zénith. Le révélateur européen, implacable pour les principaux clubs de l'Hexagone, même face à des Nations qui ne font théoriquement pas partie du gratin européen (Ukraine, Russie, Tchéquie, Chypre, Belgique...) montre bien que le niveau de la Ligue 1 n'est vraiment plus ce qu'il était. Le cavalier seul du PSG dans le championnat domestique le confirme également. Au micro de Christophe Monzie, qui commentait cette rencontre en direct du Matmut aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Sergueï SEMAK (Zenit) et Eric BEDOUET (FCGB); D'autres réactions bordelaises à écouter ce vendredi 9 novembre dans nos journaux de 7h à 18h, puis dans Le Week-end en Sport, à partir de 18h30.