Mise en ligne le Dimanche 24 Décembre 2017
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BORDEAUX / MONTPELLIER (0-2) : En état de mort clinique

La trêve hivernale arrive, et c'est bien la seule bonne nouvelle de ce dernier match de 2017. Car on est sûr d'une chose, c'est que les Girondins vont cesser de perdre, au moins pour deux week-ends...On espérait naïvement le cadeau de Noël, mais on redoutait la bûche. Et c'est bien elle qui est arrivée sans surprise, inéluctable 13e épisode d'un feuilleton lugubre de trois mois qui n'amuse plus personne depuis longtemps et n'aura connu qu'une éclaircie fugace et presque accidentelle, un soir de novembre face aux Verts (3-0). L'exception qui aura confirmé la règle, en quelque sorte... Bordeaux poursuit son chemin de croix, seulement épargné par le gong d'un championnat qui s'est emballé en décembre mais va enfin observer une trêve salvatrice, on devrait dire : régénératrice, et on serait sans doute encore en dessous de la vérité. 2018 sera un autre jour, espérons-le. Car pour l'instant, si l'on savait le malade girondin déjà KO depuis un bon moment, il est désormais proche de la mort clinique, avec ou sans sa pépite Malcom qui, à son tour, se met peu à peu au diapason de ses coéquipiers et ne peut éviter ce dramatique nivellement par le bas. Après quelques soubresauts en première période face à une équipe montpelliéraine à peine moins dans le doute que son adversaire du jour (une seule victoire en 8 matches) mais dont le 5-3-2 a encore fonctionné à merveille (le même qui, dimanche dernier à Nice, avait permis aux Girondins de limiter seulement la casse), dans un stade qui sonnait creux et déployait des banderolles qui en disaient long, l'encéphalogramme est redevenu désespérément plat au retour des vestiaires. Une non-deuxième période sans la moindre occasion de but ni frappe cadrée dignes de ce nom, comme les Girondins, qui n'ont plus réussi à produire deux mi-temps pleines depuis une éternité, n'en ont que trop proposé ces derniers temps, à Dijon, Toulouse ou Amiens par exemple. Et des statistiques encore une fois accablantes, avec une possession de 56% mais...un seul tir cadré dans le match, contre six aux Héraultais. Il ne faut pas chercher plus loin les raisons de ce nouveau naufrage. Le départ avait pourtant été prometteur, avec une volée de Vada juste au ras du montant à la conclusion d'une belle action collective initiée par Sabaly puis Lerager (3e), mais ce n'était qu'un feu de paille, car derrière, plus rien ou presque. Jusqu'à cette ouverture du score presque logique du jeune Ikone, tant les Girondins ne tenaient plus un ballon depuis les citrons, qui, lâché au marquage par Otavio, se retrouvait totalement seul sur le flanc gauche de l'attaque héraultaise au terme d'une action d'école et d'un jeu en triangle avec Sambia et Roussillon en relais, totalement libres de leurs mouvements, pour fusiller Prior, pas réellement souverain sur ce coup, d'une frappe de 10 mètres sous la transversale (0-1, 71e). Cinq minutes plus tôt, sur une frappe tout aussi monumentale puisque décochée de plus de 30 mètres mais effleurée par Prior, Sio avait également touché le dessous de la barre avant que le ballon ne revienne en jeu, Bordeaux bénéficiant donc d'un sursis grâce à ses montants pour la 3e fois consécutive sur ses 3 derniers matches de championnat... Mais loin d'avoir retenu les leçons de cet avertissement ou ce clin d'oeil de la chance, les Girondins affichaient le même laxisme dans les instants qui suivaient, pour une sanction prévisible, donc. Sambia, sur deux coups francs surpuissants, en début de match (6e) puis à l'heure de jeu (58e), avait lui aussi fait briller le portier bordelais qui avait repoussé des deux bras d'abord, puis des deux poings ces ballons brûlants. En première mi-temps, il avait également dû s'interposer avec autorité dans les pieds d'Aguilar, lancé sur le côté droit et lâché au pressing par Kamano (29e). Bref, si Bordeaux résistait tant bien que mal, il ne tenait pas suffisamment le ballon devant ni même au milieu du terrain, Vada et Lerager se liquéfiant au fil des minutes, pour empêcher les vagues languedociennes de revenir avec de plus en plus de fréquence en seconde période.  Au chapitre des escarmouches, ce coup-franc de Vada au dessus (14e) puis cette action suspecte sur l'argentin, déséquilibré dans la surface par Skhiri (19e) au moins autant, voire plus que ne l'avait été Corentin Jean à Toulouse par Lerager mardi dernier en Coupe de la Ligue...mais pas de penalty cette fois-ci octroyé par M.Desiage. Et après la pause, une opportunité, une seule, pour De Préville qui, après avoir résisté sur le flanc droit à Congré, centrait devant le but, sans trouver le moindre partenaire, les attaquants bordelais étant restés tout au long de la partie bien trop loin des défenseurs visiteurs (70e), à l'image de Kamano par exemple, aussi transparent qu'à Nice (mais il ne fut pas le seul). Quasiment sur la contre attaque, la rencontre basculait dans les conditions que l'on sait. Elle aurait même pu tourner à la démonstration si Sambia, seul à 10 mètres sur un service de Sio, n'avait expédié sa frappe dans les nuages. Mais ce n'était que partie remise. 40 secondes après son entrée en jeu, le remplaçant Mbenza ajustait posément Prior d'une frappe enroulée du droit au ras du poteau, après avoir enrhumé Toulalan avec une insolente facilité, sur un décalage côté gauche de Roussillon, comme à l'entraînement (0-2, 90e + 1) et au petit trot. Montpellier engrangeait sans forcer son talent sa 3e victoire à l'extérieur et gommait illico son accroc face à Metz, Bordeaux alignait sa 3e défaite de la saison à domicile et son 4e match consécutif sans le moindre but marqué. Encore heureux qu'aucun de ses poursuivants au classement n'ait gagné...pour l'instant. Mais Toulouse, barragiste, n'est plus qu'à un point...La réunion prévue ce jeudi 21 décembre au Haillan entre le staff et la Direction du club a précisé quelle tournure prendra cette trêve hivernale qui arrive dans un climat de tension extrême, et quels renforts seront susceptibles de venir redynamiser un groupe actuellement en perdition, qui n'a plus aucune certitude, sauf celle qu'il devra désormais lutter pour son maintien et rien d'autre... A l'issue de cette réunion, le président du Directoire Nicolas De Pavernost a confirmé Jocelyn Gourvennec à son poste d'entraîneur et laissé entendre que le club se renforcerait effectivement, les priorités du moment concernant un défenseur central (Toulalan étant alors susceptible de revenir en milieu de terrain) et un attaquant. La reprise de l'entraînement est fixée au 31 décembre, les joueurs partiront ensuite en stage à l'île de Ré du 1er au 4 janvier 2018. Avant d'aller affronter Granville (N2) en 32e de finale de la Coupe de France le dimanche 7 janvier 2018 à 14h15 (en direct sur nos ondes, et en duplex avec la rencontre de Coupe de France féminines Mérignac-Arlac / Guingamp à 14h30). Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez les réactions de Michel DER ZAKARIAN, coach du Montpellier Herault SC, Jocelyn GOURVENNEC, coach du FCGB, Benjamin LECOMTE, gardien de but du MHSC, Maxime POUNDJE, latéral gauche du FCGB (en photo) seul joueur bordelais à être venu aux micros des médias, Pedro MENDES, défenseur central portugais du MHSC, et Stéphane MARTIN le président du Football Club des Girondins de Bordeaux.