Mise en ligne le Mercredi 13 Décembre 2017
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TOULOUSE / BORDEAUX (2-0) : Encore noyés, même dans la Garonne...

La huitième fois n'aura donc pas été la bonne. Tombé déjà sept fois, Bordeaux ne s'est pas relevé à Toulouse. Pire : sur l'île du Ramier, les Girondins ont trouvé le moyen de se noyer, dans la Garonne, un fleuve pourtant si familier et moins profond à Toulouse qu'à Bordeaux, paraît-il...Cela devient désespérant. Quand verront-ils le bout de ce tunnel infernal et d'une longueur sans précédent dans l'histoire du club ? Que dire de neuf après ce match où la copie rendue, au moins en première mi-temps a été plus que correcte mais où, encore une fois, ils n'ont pas été assez tueurs dans les deux surfaces ? L'avantage au score pour les Toulousains à la pause n'était assurément pas le reflet du match, mais seulement celui des décisions curieuses du référé M.Gautier, qui n'avait pas hésité à siffler contre Lerager, à la lutte cuisse contre cuisse avec Jean, le plus invraisemblable des penalties contre les Girondins (surtout si on le compare à ceux, flagrants, qu'on leur a oubliés à Caen ou contre Marseille). Parti du bon côté, Jérôme Prior, qui retrouvait la cage girondine pour la première fois depuis le 28 janvier à Nancy, ne pouvait hélas s'opposer à la frappe de Gradel, marquée par un très net temps d'arrêt qui aurait dû inciter M.Gautier à le faire retirer (1-0, 34e)...D'autant plus rageant que deux minutes plus tôt, le portier bordelais avait sorti le grand jeu sur une frappe vicieuse de Jean sans élan de 18 mètres au ras de son poteau gauche (32e). Et qu'il fut ensuite impeccable sur une volée écrasée, mais cadrée d'Imbula qu'il bloqua proprement (45e). D'autant plus rageant, surtout, qu'à cet instant de la partie, c'est Bordeaux qui aurait dû mener 1-0 si Amian Adou n'avait sauvé d'entrée, sur la ligne de but, une frappe en pivot de Kamano, sur le premier corner du match tiré de la gauche par De Préville (2e). Un départ malheureux qui n'était pas sans rappeler celui à Caen, avec la tête de Jovanovic sauvée elle aussi sur la ligne. Le même Kamano ne fut pas plus heureux sur une tête au ras du montant, à la réception d'un centre de Sabaly (43e) alors que Lafont était resté figé sur sa ligne. Dans le jeu, les Girondins faisaient les efforts ensemble, défendaient près de l'adversaire, et les rappelés de longue date (Prior, Poundjé, Plasil) n'étaient pas les moins actifs, ni par les gestes, ni par le verbe. Mais il manquait toujours l'étincelle, la justesse et la vivacité dans la dernière passe, indispensables à ce niveau. Sans compter la faiblesse chronique et connue dans le domaine aérien, où les tours de contrôle Diop et Jullien confisquaient tous les ballons. Hélas, dès la reprise, une nouvelle faute d'attention allait envoyer par le fond le radeau de la méduse girondin, et celle-là ne devait rien à l'arbitrage. Un corner concédé par Pellenard après un tacle décisif sur Yago qui voyait le toulousain rester au sol une bonne minute avant que le coup de pied de coin ne soit tiré. Un délai qui aurait dû permettre aux bordelais de s'organiser et de redoubler de vigilance; mais sur celui-ci, tiré de la droite par Delort, l'immense Jullien, totalement oublié au marquage, n'avait aucune peine à smasher sa tête...qui trouvait celle du suédois Toivonen sur la trajectoire, pour la dévier hors de portée de Prior (2-0, 52e). C'en était trop pour des Girondins pas franchement vernis, pas trop aidés de surcroît par les décisions arbitrales, à l'image du carton infligé à De Preville pour sa première et unique faute du match (43e), lequel a pourtant reçu bien plus de coups qu'il n'en a donné... A partir de cet instant, le rythme et le suspense retombaient et la fin de la rencontre n'était plus qu'un long monologue des Girondins impuissants et presque résignés devant une défense toulousaine jamais poussée dans ses derniers retranchements. De Préville, sur deux coups-francs (69e, 91e) fit bien briller un peu Alban Lafont (sur le second, repoussé par le portier toulousain, le jeune Taha vit hélas sa repris en pivot passer au-dessus), Vada alluma bien un pétard mouillé (62e), Sabaly expédia bien sa frappe au-dessus, au sortir d'un une-deux avec Plasil (80e). Pas de quoi fouetter un chat, tout de même. Le cassoulet toulousain était à peine un peu moins indigeste que la choucroute alsacienne, finalement. Et le ressort mental de ce groupe, encore une fois, avait cédé au premier grain de sable de cette rencontre, dès la première tuile, avec ce penalty imaginaire. La poignée d'Ultras, visiblement venus à Toulouse davantage pour conspuer le coach que pour soutenir leur équipe, ce qui est bien dommage, n'avaient plus qu'à ranger leurs drapeaux et reprendre la route. Les Girondins, aussi, et jamais l'autoroute pourtant si droite entre les deux métropoles n'aura autant paru semée d'embûches et de méandres, avec cette 8e défaite en 11 matches officiels. On a beau dédramatiser et la mettre entre parenthèses parce qu'il s'agissait d'une autre compétition, que Bordeaux, comme l'Europa League, quitte par la petite porte dès son entrée, les parenthèses sont devenues poreuses avec le temps, autant que cette défense girondine qui, c'est maintenant clair comme de l'eau de roche et quels que soient les joueurs qu'on y essaie, aura sérieusement besoin d'être renforcée durant le mercato hivernal...Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le Stadium de Toulouse, écoutez la réaction des deux entraîneurs, Jocelyn GOURVENNEC (FCGB, en photo après la rencontre) et Pascal DUPRAZ (TFC). D'autres réactions toulousaines et bordelaises à écouter ce mercredi 13 décembre dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Express à partir de 19h02.