Mise en ligne le Dimanche 26 Novembre 2017
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Caen / Bordeaux (1-0) : Black Saturday, encore volés et...sept de chute

Le Black Friday, dont on nous a inondé les oreilles tout au long de la semaine écoulée, est - comme chacun a fini par le savoir, à force de matraquage - le jour de soldes monstres. Ce qu'on ne savait pas en revanche et que le slogan ne précisait pas, c'est que le jour suivant, le Black Saturday, était celui des occasions perdues, des soldes qui vous passent sous le nez et qu'on regrette longtemps, comme un train qu'on vient de manquer... Les Girondins ont pu en faire la cruelle expérience samedi soir au stade Michel D'Ornano, en se heurtant d'abord à une noire malchance collante comme un pot de goudron et de plumes, devenue tellement invraisemblable qu'on se demande à la longue s'il faut en rire ou en pleurer...10 minutes, les dix premières, il n'a pas fallu patienter davantage pour se rendre compte du retour à la triste "normalité" : la scoumoune avait bel et bien remis sa chape de plomb sur les épaules girondines, Vercoutre s'étant déjà opposé in extremis à trois tentatives de Malcom (6e), Kamano dans la foulée (7e), puis Jovanovic de la tête (10e). Pas de doute, cette fois le portier normand n'avait pas décidé de se percer comme lors de la Bérézina caennaise du 7 février dernier (0-4). Un état de grâce qui, si l'on se fie aux indicateurs des récentes galères subies par nos Marine et Blanc depuis deux mois, ressemblait fort à un mauvais présage, ce que la suite du match confirma, malheureusement. 60% de possession de balle, 26 centres et 8 corners n'auront donc pas suffi pour leur éviter une 5e défaite en 7 rencontres, la troisième consécutive à l'extérieur par l'écart le plus minime. Et encore la situation aurait-elle pu être pire à la pause si Mbengue n'avait pas vu sa mine heurter le sommet de l'arête du but de Costil, battu (38e). Mais aussi tout autre si les Girondins, qui n'avaient nul besoin de ce fardeau supplémentaire, n'étaient pas tombés sur un référé égal à lui-même, ce qui est tout dire... Là aussi, peut-on invoquer un mauvais présage ? M.Abed n'ayant jamais été à la hauteur lors de ses précédents arbitrages à Bordeaux, il n'y avait pas de raison de penser que l'air de la Normandie l'inspirerait davantage. On le vérifia dès la 2e minute quand il ferma les yeux sur une faute de Aït-Bennasser sur Kamano en pleine surface (2e) qu'on aurait sifflée dans 4 cas sur 5, puis sur une autre de Genevois qui accrocha sans discussion possible la jambe de Malcom (43e). Si l'on ajoute que sur le but normand et le centre de Rodelin au départ duquel deux attaquants normands étaient hors-jeu mais malheureusement pas le récipiendaire de l'offrande au second poteau, Ivan Santini, totalement oublié au marquage par Sabaly pour une tête décroisée qui ne laissa aucune chance à Costil (1-0, 24e), M.Abed souffrit là aussi de cécité, mais qu'il la retrouva en fin de match (90e) pour invalider l'égalisation de Mendy pour...hors-jeu (!), on comprendra qu'à la longue, les errements arbitraux aient fini par irriter le pourtant flegmatique Jocelyn Gourvennec, rappelé à l'ordre en cours de match par un directeur de jeu de moins en moins crédible. Et l'on ne pourra pas s'empêcher de penser qu'une telle "intransigeance" n'ait pas eu un lien plus ou moins direct avec les propos de Nicolas De Tavernost tenus après Bordeaux / Marseille 6 jours plus tôt et la prestation de haute volée d'un autre fleuron de l'arbitrage français, M.Millot. Mais qu'on ne s'y trompe pas pour autant et que l'on ne nous fasse pas dire ce que l'on n'a pas écrit. Certes, les Girondins ne sont pas aidés par ce que pudiquement d'aucuns appellent les "faits de jeu", en ce moment, c'est un euphémisme. Mais pas plus que M.Millot n'aurait empêché les Girondins de battre l'OM si Sankharé avait converti ne fût-ce que l'une des 3 offrandes dont il hérita, M.Abed n'a privé les Girondins d'une égalisation qui eût été on ne peut plus logique si Kamano, seul à 6 mètres sur un service de De Préville, n'avait manqué l'immanquable, alors qu'il était plus difficile de mettre le ballon sur la barre que dans le but vide (46e) ou si les Girondins avaient enfin su élever leur ratio de tirs cadrés, qui culmine pathétiquement à deux par match depuis des semaines, et qui leur interdit - il faut en être conscient - d'espérer battre (sauf miracle) quelque adversaire que ce soit à ce niveau de la compétition. Tout le monde n'est pas le Paris St Germain, pour convertir chacune de ses occasions de but ou presque... Leur domination stérile dans un second acte arythmique et nettement moins enlevé que le premier, ponctué de rares mais redoutables contres normands qui furent à deux doigts d'aboutir, a rappelé les parties de pelotaris livrées à Rennes ou Amiens face à un mur qui n'avait pourtant rien à voir avec la Muraille de Chine, mais qui n'a cessé de leur renvoyer l'image de leur propre impuissance offensive. Face à des Verts embarqués eux aussi dans un tourbillon à peine moins funeste (6 matches sans victoire) ce mardi 28 Novembre au Matmut à 21 heures (en direct intégral sur nos ondes), est-il besoin de dire que la côte d'alerte est déjà atteinte depuis un moment et que le plan Orsec n'est plus très loin ? Au micro de Gaétan Pinel qui commentait cette rencontre en direct intégral du stade Michel D'Ornano à Caen, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Patrice GARANDE (SM Caen) et Jocelyn GOURVENNEC (FCGB), Romain GENEVOIS le défenseur du SM Caen, et Benoît COSTIL le gardien de but des Girondins de Bordeaux. D'autres réactions bordelaises et caennaises à écouter ce lundi 27 Novembre dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.